Raphaël Mashhadi explique lors d’un échange avec France Info les détails de la sécurisation des commerces sur Paris pour cette manifestation du 24/10/2026. Nos agents analyseront les risques et effectueront une alerte précoce aux forces de l’ordre.
Transcription de la vidéo
Présentateur·rice :
70 000 forces de l’ordre sont mobilisées sur le terrain, 10 000 de plus par rapport à la semaine passée. Pas question de se faire déborder par les pilleurs de magasins, les casseurs : c’est ce qu’a dit Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur. Avant cette nouvelle journée à haut risque, les commerçants des centres-villes de Paris, de Bordeaux, de Nantes, de Marseille ont passé la semaine à trouver des solutions pour sécuriser leurs boutiques. Bonjour Raphaël Machadi.
Raphaël Mashhadi :
Bonjour.
Présentateur·rice :
Vous êtes directeur de la société RMS Gardiennage Paris. Vous proposez des services de vigiles, d’agents de sécurité, de maîtres-chiens. Combien de personnes avez-vous mobilisées aujourd’hui à Paris pour protéger les commerces ?
Raphaël Mashhadi :
La semaine dernière, on est intervenus à peu près sur une vingtaine de boutiques, et là, on a mis à disposition à peu près 27 agents de sécurité.
Présentateur·rice :
27 agents, c’est la totalité de votre effectif ?
Raphaël Mashhadi :
Non, pas du tout. Là, je parle juste pour cette manifestation et le surplus d’activité qu’on a eu pour cette crise.
Présentateur·rice :
À quoi a ressemblé votre semaine ?
Raphaël Mashhadi :
Cette semaine a été très intense, notamment pour répondre aux demandes des clients qui voulaient sécuriser leur boutique pour cette manifestation. Et en plus de ça, il a fallu gérer nos sites qu’on a à l’année, qu’on surveille déjà toute l’année, régler des problèmes d’exploitation sur ces sites-là, et gérer la suractivité due à cette manifestation.
Présentateur·rice :
Qu’est-ce qu’on vous a demandé précisément, les commerçants, pour cette manifestation ?
Raphaël Mashhadi :
C’est d’avoir une présence dissuasive, de pouvoir notamment, et c’est très important, alerter de manière précoce les forces de l’ordre pour qu’il y ait une intervention rapide en cas d’attroupement devant des boutiques, et qu’on soit prêts à avertir les forces de l’ordre pour une intervention rapide.
Présentateur·rice :
Ils veulent une vigilance maximale ?
Raphaël Mashhadi :
Exactement, oui.
Présentateur·rice :
Quels sont les types de commerces qui se sont tournés vers vous ?
Raphaël Mashhadi :
Les commerces, c’est vraiment très varié. On a des boutiques de prêt-à-porter, des commerces de bouche, des hôtels, des bureaux, notamment avec des vitrines qui donnent sur la rue. C’est divers, c’est varié.
Présentateur·rice :
On a entendu des témoignages de commerçants cette semaine dire que les forces de l’ordre n’avaient pas forcément pu répondre à tous les appels la semaine dernière et répondre présent. Est-ce que ce sont des soucis que vos agents ont rencontrés aussi ?
Raphaël Mashhadi :
Nous, la semaine dernière, on est intervenus par réaction, c’est-à-dire quand les vitrines étaient déjà fracturées. Cette semaine, on marche par anticipation, c’est-à-dire qu’on est déjà sur place avant que les casseurs arrivent. Et donc, dans ce sens, notre mission est dissuasive, et on est présents vraiment pour alerter les forces de l’ordre pour une intervention rapide. On espère effectivement qu’il y ait une intervention.
Présentateur·rice :
Raphaël Mashhadi, vous restez avec nous. Je vous propose d’entendre des commerçants de Rouen qui, eux aussi, se sont préparés avant ces manifestations. Bradley de Souza les a rencontrés.
Bradley de Souza (reporter) :
Depuis plusieurs jours, le centre-ville de Rouen vit au rythme des visseuses et des planches en bois…
Georges (société A2C) :
Ils peuvent essayer, ils n’y arriveront pas.
Bradley de Souza :
… que Georges, de la société A2C, installe sur les vitrines de ce commerce.
Georges :
Toute la partie vitrée, inaccessible.
Bradley de Souza :
À la demande de son client, touché par les attaques samedi dernier.
Georges :
Rien ne les arrêtait. Non, non, non, ils étaient très bien équipés pour vraiment tout casser. Et là, on fait en sorte que ça ne puisse pas être possible.
Bradley de Souza :
Dans cette boutique de téléphonie mobile, on anticipe d’éventuels pillages.
Selma (vendeuse) :
Comme vous voyez, le magasin, c’est que des vitres et tout, du coup c’est risqué. Il n’y a que des téléphones, des PC, de la marchandise.
Bradley de Souza :
Les rideaux métalliques seront baissés toute la journée, explique Selma, une des vendeuses, même si le magasin reste ouvert.
Selma :
Vu qu’on est au centre-ville, c’est la zone la plus risquée, la plus fréquentée. Il ne faut pas prendre le risque.
Bradley de Souza :
Des mesures de précaution, même si le préfet interdit la manifestation au centre-ville. Magali, qui travaille dans une boutique de prêt-à-porter rue des Carmes, espère cette fois voir plus de policiers.
Magali (commerçante) :
En sachant qu’à Rouen, en temps normal, il n’y a pas une journée où on ne voit pas des gars de l’armée circuler, etc. Donc pourquoi ce samedi-là, on n’avait personne ? C’est une bonne question. Il vaudrait mieux qu’on ait les réponses. Mais en attendant, on a laissé des gens dans la détresse.
Bradley de Souza :
En plus des policiers prévus sur le terrain, Les Vitrines de Rouen, l’association de commerçants du centre-ville, compte mobiliser 40 agents privés. Bradley de Souza, ICI Normandie, pour franceinfo.
Présentateur·rice :
Raphaël Machadi, gérant de la société RMS Gardiennage, vous êtes toujours avec nous. Le fait que les effectifs de police soient renforcés aujourd’hui, est-ce que ça a tendance à vous rassurer ?
Raphaël Mashhadi :
Oui, bien sûr. Je pense qu’ils ont tiré des leçons de la semaine dernière. Mais le vrai problème de la semaine dernière, c’était la mobilité. En fait, les casseurs se sont éparpillés par groupes de 30, 40 sur divers commerces, ce qui a fait que les forces publiques de sécurité n’ont pas pu intervenir. D’où l’intérêt de notre présence aujourd’hui : c’est une alerte précoce, encore une fois. Et je pense que les leçons ont été tirées. Et du fait de notre présence, on va pouvoir analyser et alerter rapidement.
Présentateur·rice :
Est-ce que certains de vos agents ont des craintes de retourner sur le terrain aujourd’hui ?
Raphaël Mashhadi :
Bien évidemment, il y a une appréhension. Mais encore une fois, on n’est pas présents pour partir en confrontation physique directe avec les émeutiers. On est là pour avoir une présence dissuasive, analyser les risques et surtout, encore une fois, je répète, alerter les forces de l’ordre de manière rapide.
Présentateur·rice :
Vous avez aussi connu le mouvement des Gilets jaunes. Je crois que votre entreprise a été créée juste avant [?]. Est-ce que vous avez le sentiment que la violence a été plus importante la semaine dernière par rapport aux derniers épisodes des Gilets jaunes que vous aviez pu connaître ?
Raphaël Mashhadi :
Oui, clairement. On est intervenus dans la réaction la semaine dernière. Lors des Gilets jaunes, on avait quelques boutiques qui étaient fracturées, mais là, c’est vraiment une augmentation anormale. On voit que la violence a été vraiment intense et, effectivement, on voit que ça a beaucoup augmenté par rapport aux Gilets jaunes.