Publié le 25 octobre 2026

Raphaël Mashhadi échange avec Martin Bourdin de RMC sur l’après manifestation du 24 octobre 2026. Une manifestation dans le calme et des forces de sécurité renforcés. Raphaël Mashhadi explique avoir été très sollicité durant la semaine avec de nombreux clients soucieux de sécuriser leurs commerces. Des mineurs et de jeunes adultes moins présent ce samedi.

Transcription de la vidéo

 

Journaliste, Martin Bourdin :
Bonjour Raphaël Machadi.

Raphaël Mashhhadi :
Bonjour.

Journaliste, Martin Bourdin :
Vous êtes le directeur de la société de sécurité RMS Gardiennage Paris, donc évidemment dans la capitale. Déjà, vous avez dormi cette nuit, Raphaël, vous et vos équipes ?

Raphaël Mashhadi :
Étant donné que la soirée a été plutôt calme, oui, j’ai pu me reposer.

Journaliste, Martin Bourdin :
Plus que prévu ? Ou en tout cas qu’anticipé ?

Raphaël Mashhadi :
Oui, tout à fait. On s’était dit qu’on allait passer une nuit difficile, et au final c’était plutôt calme …

Journaliste, Martin Bourdin :
Ça vous a surpris ?

Raphaël Mashhadi :
Oui. On avait beaucoup d’appréhension, et au final, avec les forces qui ont été mobilisées, les retours d’expérience qui ont été faits par les forces de l’ordre, la mise à disposition de beaucoup d’agents de sécurité sur Paris… effectivement, oui.

Journaliste, Martin Bourdin :
Parce que chez vous, par exemple, il y a combien de personnes qui avaient été réquisitionnées dans différentes boutiques de Paris ?

Raphaël Mashhadi :
La semaine dernière, on est intervenus en réaction avec à peu près 20 agents, et là, on a mis à disposition 28 agents de sécurité juste pour cette manifestation à Paris.

Journaliste, Martin Bourdin :
Et c’est un par magasin à chaque fois, ou il y a des magasins qui en ont demandé plusieurs ?

Raphaël Mashhadi :
Nous, on a décidé de n’en mettre qu’un par magasin, parce qu’on avait des boutiques avec peu de mètres linéaires à surveiller.

Journaliste, Martin Bourdin :
Qu’est-ce qu’ils vous disaient, justement, les commerçants qui vous appelaient ? Qu’est-ce qu’ils viennent chercher, finalement, en faisant appel à vous ? Je vous pose la question parce que c’est vrai que quand on voit les images qu’on a vues la semaine dernière, des dizaines, des vingtaines de personnes qui rentrent dans un magasin, qui forcent la boutique, je me dis que même un agent de sécurité, son champ d’action est limité.

Raphaël Mashhadi :
Alors, on n’a pas vocation à remplacer les forces de l’ordre. Par contre, notre présence est dissuasive, et surtout, on était présents aujourd’hui… enfin, hier, pardon… pour pouvoir alerter de manière précoce les forces mobiles de sécurité, pour qu’il y ait une intervention très, très rapide, des interpellations.

Journaliste, Martin Bourdin :
Ça veut dire que vous êtes en lien direct avec ces forces mobiles ? C’est plus facile de les solliciter ?

Raphaël Mashhadi :
Tout à fait, on était en communication directe. La semaine dernière, il y a eu un manque de mobilité. On a pu voir hier qu’il y avait des policiers de la BAC en première ligne pour pouvoir intervenir s’il y avait des casseurs qui tentaient d’effectuer des dégradations sur les vitrines.

Journaliste, Martin Bourdin :
Et il y a quand même eu besoin d’appeler les forces de l’ordre à certains moments, ou globalement, il n’y a même pas eu de tentative de casse ?

Raphaël Mashhadi :
Non, il n’y a vraiment pas eu de tentative. On a remarqué également qu’il y a eu beaucoup moins de mineurs ou de jeunes adultes dans les rues à caillasser les policiers ou à dégrader. À titre personnel… est-ce que les familles ont fait une police familiale en interdisant aux mineurs de se diriger vers la manifestation à Paris ? Moi, j’ai tendance à penser ça.

Journaliste, Martin Bourdin :
Vous aviez déjà connu ça, des magasins qui vous appellent dans cette ampleur-là pour assurer leur sécurité en marge de manifestations ? J’imagine que c’est déjà arrivé, mais dans cette ampleur-là ?

Raphaël Mashhadi :
Non. Bien sûr, c’est déjà arrivé, notamment lors des émeutes, où on avait été pas mal sollicités, mais de cette ampleur-là, jamais. On a reçu des dizaines et des dizaines de demandes de devis. Toutes n’ont pas été transformées. Bien évidemment, on n’est pas les seuls sur Paris, mais nous, on n’a jamais vu ça, [une semaine pareille en demandes de devis ?]. Là, ça s’est bien passé, et on s’en félicite tous ce matin. Et ça fait du bien d’entendre aussi les manifestants porter leurs revendications tranquillement, sans violence derrière.

Journaliste, Martin Bourdin :
Vous avez déjà des demandes, des inquiétudes de magasins pour les prochains week-ends ? On appelle déjà éventuellement à un acte 3 la semaine prochaine, il y a la grève générale du 5 novembre. Ce sont des choses qui sont déjà anticipées par les magasins ?

Raphaël Mashhadi :
Non, pour le moment, les magasins, je pense qu’ils n’ont pas anticipé. Ils analysent week-end par week-end et ils attendent de voir comment ça se passe. Il faut savoir qu’il y a beaucoup de magasins qui ont vidé leur stock. Actuellement, il y a des panneaux de bois ou des sécurités renforcées sur leurs vitrines. Ils sont en fermeture, c’est-à-dire qu’ils n’exploitent pas leur magasin. Donc je pense qu’on verra la semaine prochaine comment vont gérer les commerces. On avisera évidemment au jour le jour.

Journaliste, Martin Bourdin :
Merci beaucoup Raphaël Mashhadi d’être passé par RMC ce matin.

Raphaël Mashhadi :
Je vous en prie.

Journaliste, Martin Bourdin :
Je rappelle le nom de votre société de sécurité : RMS Gardiennage Paris. Et donc, la bonne nouvelle que vous nous confirmez ce matin : la nuit, et surtout la soirée d’hier, ont été plus tranquilles. Merci beaucoup d’avoir été avec nous. 6 h 17, vous restez sur RMC, on revient tout de suite.