Publié le 3 avril 2026

En quatre ans, le chiffre d’affaires des sociétés de sécurité privée a augmenté de près de 30 %. Ils sont aujourd’hui plus de 300 000 agents en France. Mais leur présence est-elle vraiment efficace ?

Transcription de la vidéo ci-dessous :

Gilles BOULEAU : 

Leur nombre augmente année après année. Vous l’avez sans doute observé, les agents de sécurité sont partout ou presque dans les centres commerciaux, aux abords des stades, des salles de concerts. Ils sont aujourd’hui près de trois cent mille.

Ils n’ont évidemment pas les mêmes prérogatives que les policiers et les gendarmes. Leur présence est-elle efficace ? C’est l’enquête de ce vingt heures. Elle est signée Sherazad Boudani, Zainaba Diallo et Sophie Hernandez. 

Journaliste : 

Lampe torche en main, Jonathan déambule dans les trois mille cinq cent mètres carrés de bâtiments complètement vides.Nous sommes dans une ancienne maison de retraite destinée à devenir un hôtel.

Jonathan PITTET, agent de sécurité  RMS GARDIENNAGE PARIS

Vérifier chaque recoin du bâtiment, vérifier qu’il n’y ait pas d’anomalie, d’intrusion, de gens qui se cachent.

Journaliste : 

Synchrone sur une vacation de douze heures, cet agent de sécurité est constamment en alerte.S’il prête attention à ces murs délabrés, c’est pour éviter toute tentative de squat.

Jonathan PITTET, agent de sécurité, RMS GARDIENNAGE PARIS

Il y a des points d’accès qui mènent sur l’extérieur et derrière, il y a un parc avec beaucoup de passages.Du coup, nous, notre rôle consiste à veiller qu’il y a pas d’intrusion.

Journaliste : 

Pour le propriétaire de ces lieux, faire surveiller un immeuble comme celui-ci coûte cher. Vingt mille euros par mois pour une surveillance vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Une mission pourtant très demandée. 

Raphaël MASHHADI – Directeur  RMS GARDIENNAGE PARIS

C’est un budget qui est plus conséquent, mais qui est quand même plus efficace et qui éradique beaucoup plus l’insécurité et les actes de malveillance qu’une vidéosurveillance où il y a le temps d’intervention pour pouvoir faire une levée de doute qui est quand même entre trente et quarante minutes. 

Journaliste :  

En France, les agents de sécurité privée sont visibles partout, presque devant chaque boutique, dans les gares, mais parfois aussi postés parmi les clients. Dans cette pharmacie, ils sont aux aguets. Leur objectif: éviter les vols.

Et justement, lors de notre tournage… 

Agent de sécurité : 

Elle était là.

Journaliste : 

Cet agent a des soupçons sur une cliente.

Agent de sécurité : 

Il y a une personne a dissimulé quelque chose dans le sac et j’ai regardé pour enlever le doute. J’ai rien trouvé, la personne allait sortir.

Heureusement qu’on n’a pas, on n’a pas fait quelque chose qui va, qui va l’énerver. On a fait ça discrètement. 

Journaliste : 

Fausse alerte cette fois.Toujours compliqué d’évaluer le bon moment pour agir.Chaque intervention est une prise de risque face à des clients parfois imprévisibles.

Agent de sécurité : 

Une menace avec des seringues, avec des couteaux, des gens qu’on interpelle, qu’ils reviennent après pour se venger.C’est un peu dangereux.

Journaliste : 

Le directeur de cette pharmacie aimerait se passer de ce personnel, mais pas le choix.Même si certains trouvent cette présence oppressante.

Pierre MOATTI – Directeur Général  GROUPE CARRE PHARMACIES : 

Ça a un effet positif sur les vols.

Par contre, ça n’a pas un effet positif pour les clients parce que bien évidemment, quelquefois, on suspecte des clients qui peuvent être innocents et qui n’ont pas du tout l’intention de voler et qui se sentent un peu, un peu, un peu, un peu surveillés. 

Journaliste : 

Leur rôle est dissuasif. Ces agents ne disposent pas des mêmes droits que les forces de l’ordre. Un agent ne peut pas retenir ou arrêter une personne contre son gré, utiliser la force de manière disproportionnée ou encore vérifier une identité.

Pas de palpation non plus, sauf en cas de menace grave ou encore, comme ici, en contrôle d’accès à un événement sportif ou culturel de plus de trois cent spectateurs. Quel intérêt donc par rapport à un dispositif de vidéosurveillance ? Pourquoi un tel engouement pour ces agents ? 

David CLAVIERE – Directeur CONSEIL NATIONAL DES ACTIVITES PRIVEES DE SECURITE :

On a un retournement de tendance. En deux mille vingt-deux, on avait deux cent quatre-vingt mille agents habilités.

On en a plus de trois cent mille aujourd’hui. On voit bien que la surveillance humaine avec des agents, c’est important parce que ça permet de réagir à des situations. Et puis la vidéo, ça permet de se rendre compte à distance de ce qui se passe. Donc c’est pas du tout contradictoire. Et donc en fait, on a un phénomène où les deux se cumulent en réalité. 

Journaliste : 

Ces dernières années, les demandes d’agents de surveillance n’ont cessé de progresser.En quatre ans, le chiffre d’affaires des sociétés de sécurité privée a augmenté de près de trente pour cent.